Nouvelle fantastique: Les Nosférats

Jean-jacques se préparait dans la petite salle de son appartement trois pièces. Ce soir, il rejoindrait son  ami Charles pour découvrir un nouveau bar, un bar dont il avait entendu parler par oui-dire, le bar de l’avenue de l’enfer. Il savait peu de choses sur cet endroit sinon qu’après 22 heures 30, il drainait son lot de clients distingués et midinettes, ainsi que des personnages étranges et inquiétants dont on lui avait soufflé le nom. Ils étaient appelés les Nosférats.

Jean -jacques en frisonnait encore quand Charles lui avait glissé ce mot à l’oreille. il lui avait dit, il faut être invité Jean-jacques, comprends-tu?

Onze heure sonna, les deux amis rêvant déja aux créatures divines et à la merveilleuse soirée qu’ils allaient passer là-bas.

Dehors, la nuit était calme, la lumière quoiqu’un peu plus de cristal que d’habitude. La lune pareil à un croissant doré semblait défier le ciel et leurs demander: « Qui accrochera votre cœur messieurs? »

Après une marche d’une bonne quinzaine de minute, ils débouchèrent sur une petite place avec une jolie fontaine d’un style presque baroque, voir néoclassique.

Charles dit à Jean-jacques: « Faisons un serment ».

Jean jacques sourit. Il avait toujours été joueur.

Charles continuant:  » Quoiqu’il advienne, ce soir , donnons-nous rendez-vous devant cet fontaine demain midi. »

« Fixons ainsi une mesure à nos impuretés futures. »

Jean-jacques trouvait son ami un peu étrange mais le jeu dut l’amuser car il rajouta:

« J’y serais avant midi. »

La nuit mélancolique dessinait des figures à l’embouchure des trottoirs.

Et les deux amis arrivèrent d’un coup au bar de l’avenue de l’enfer près à passer une très grande soirée.

Des lumières, sortes de grandes lampiotes et une peinture d’un mélange de plusieurs rouges, avec quelques petites statues de marbre discrètes sur la devanture, donnaient à cet endroit une allure fantastique comme d’un autre age.

Ils entrèrent dans le lieu et tombèrent nez à nez  avec un garde et une grande statue de déesse, une déesse étrangement lumineuse.

Jean-jacques s’exclama….. , le vin qu’il avait un peu bu chez lui ayant engourdi ses sens:

 » Qui est donc cette belle demoiselle de marbre pleureuse? Vient-elle pour nous embrasser? »

Le garde s’avançant, ouvrit la bouche dans un souffle d’effroi et dit:

 » Elle est à l’image de la déesse Démeter, gardienne de la terre, savez-vous par ou passe votre chemin, Monsieur? »

Jean-jacques ne répondit.

« Assez philosophé  » rétorqua Charles

 » Allons voir ces jeunes femmes chatoyantes. »

Sur une piste de danse, un peu en retrait du bar, une musique presque électromagnétique s’emparait de quelques personnages savamment habillés.

Charles regardait une grande blonde parfumée avec cette odeur piquante comme pour dire de sa chair, « Je suis la plus belle morsure ».

Jean-jacques s’installa près du comptoir laissant son ami danser.

Il commanda un verre. Le serveur lui dit aimablement:

« C ‘est quinze euros le verre. »

Il prit une sorte de mixture étonnante, un mélange de toutes sortes d’alcools. Et il entendait encore ces mots de Charles     « A la mesure de nos impuretés….. ».

Il tourna la tête , eu un bref regard vers son ami qui semblait effleurer une jeune femme de ses mains, un frôlement du corps.

Près de lui, une jeune dame rousse lui souriait doucement. Là, il se sentait heureux ! Etait-ce un instant de bonheur , la soirée était-elle délicieuse ?

Puis ce fut le brouillard, sa vue se troubla, son verre était-il trop violent?

Au loin, il entendait Charles, « Viens voir, viens voir les Nosférats, ils sont là. »

Mais Jean-jacques ne pouvait plus bouger. Il entendait son cœur  battre fortement.

Soudain, dans un effort de volonté extrême, il ouvrit les yeux.

Ils était toujours dans cet endroit ou plutôt dans un endroit. Mais toute la pièce avait changée. Il voyait autour de lui des sortes de choses spectrales, toutes plus effrayantes les unes que les autres. Une masse colossale avec ce qu’il prit pour des bois de cerf lui parla dans un langage obscure et menaçant.

 » Tu es passé à droite de Démeter, ce soir……, à droite de Démeter. »

 

Jean-jacques ne comprit plus rien. Des papillons, des insectes en faisceau ultraviolet envahissaient l’espace.

Sa chaise ressemblait à un pied de mort.

Et là d’un coup, il sut qu’il était en enfer.

Une voix d’outre tombe lui parlait:  » enfuis toi, pars, pars, loin…… »

Jean-jacques réussit à se lever d’un effort formidable. Il avançait comme dans un marais, des effluves gluantes presque sorties d’un poème de Lautréamont l’agrippait à chaque pas. Il était en sueur.

D’un dernier mouvement, il tourna la poignée d’une porte  aperçue dans le frata de cette dimension.

Une main l’arrêta un instant, une voix lui dit encore » A droite de Démeter, à droite de Démeter. »

Jean-charles sortit d’un bond, courut dans la nuit obscure et noire, les yeux équarquillés d’effroi.

Et là un nouveau souffle lui disant « près de la  vieille bouche d’égout en pierre ».

Il crut faire une marche surhumaine, une marche de dix heures. Et alors qu’il n’en pouvait plus , il dépassa un petit tumulus grisâtre et soudain comme titubant retrouva son chemin inconsciemment.

Jean-jacques se réveilla le lendemain, il était neuf heures, le téléphone sonnait à tout rompre. Il avait la migraine, il se dit intérieurement: » Plus jamais une soirée comme celle d’hier, comme cet enfer ».

Il finit par décrocher le téléphone, c’était la mère de Charles. Elle lui dit:

« Notre fils a disparu. »

Jean jacques ne comprenait plus. Le bar n’avait jamais existé, son ami avait disparu, disparu…..

A midi, il fut près de la fontaine, de la statue presque baroque ou néoclassique et il entendit une voix, une petit voix……..

 » A droite de Démeter, à droite de Démeter….. »

Et à droite de la statue il trouva une bague avec un « N », un « N » sur le coté gauche mais point son ami.

 

 

 

 

 

 

 

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A propos François Térrog

Mr Gorret François écrivant et chantant sous le pseudonyme de Mr Térrog François est un homme de 39 ans, originaire de Bretagne, qui propose des articles, des écrits, de la musique, des poèmes personnels et aussi des découvertes, des textes, des poèmes de grands auteurs ect.....

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