Maurice Scève-Délie-objet de plus haute vertu-la lanterne-« Celer ne le puis »

Maurice Scève, le poète de la Renaissance Lyonnaise, raconte dans le livre Délie une histoire d’amour à une dame. L’originalité de ce livre est qu’il place cet amour dans la mort même. Ainsi, à la Renaissance l’amour était considéré comme une autre mort. Le poète le rappelle dans son ouvrage il s’agit « des morts qu’en moi tu renovelles ». Le livre est accompagné à chaque chapitre d’une emblème suivie de neuf dizains. Certains ont considérés ces emblèmes, cette construction comme un symbole alchimique. Il est possible que Maurice Scève soit versé en alchimie, sa poésie contenant notamment des créatures fantastiques comme le basilisque, animal fabuleux dont le regard passe pour mortel ou encore la licorne.

L’extrait présenté ici s’intéressera au premier poème extrait de l’emblème la lanterne, « Celer ne le puis » . Et c’est toute la magie de la Renaissance ou tout comme Ronsard qui voulait celer le malin dans son poème à la forêt de Gastine , maurice de Scève veut lui aussi celer ce feu d’amour, issu du venin des yeux de sa dame.  Le livre semble d’ailleurs raconter cette tentative à travers ces morts de celer cet amour, celer ce feu. Nous nous trouvons donc en face d’une transmission, d’un savoir qu’il faut conquérir de haute lutte.

L’amour étant plus qu’une histoire de corps, une histoire de morts et pour conclure une sorte d’immortalité, le poète parle de sainte flamme. C’est le chemin du souffrir non souffrir comme l’explique le poète.

(Je conseille de lire en même temps le poème car la version chantée est un peu délicate s’agissant de français de la Renaissance et parfois difficile à comprendre à l’écoute, baf stéréo ou casque audio, son un peu faible).

La lanterne

« Celer ne le puis »

XLII

Si doucement le venin de tes yeux

Par même lieu aux fonds du cœur entra,

Que sans douleur le désir soucieux

De liberté tout seul rencontra.

Mais l’occupant, peu à peu, pénétra

Ou l’Âme libre en grand’sûrté vivoit:

Alors le sang, qui d’elle charge avoit,

Les membres laisse et fuit au profond Puits,

Voulant cacher le feu que chacun voit,

Lequel je couvre, et celer ne le puis.

 

 

 

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A propos François Térrog

Mr Gorret François écrivant et chantant sous le pseudonyme de Mr Térrog François est un homme de 39 ans, originaire de Bretagne, qui propose des articles, des écrits, de la musique, des poèmes personnels et aussi des découvertes, des textes, des poèmes de grands auteurs ect.....

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