Du sens du sort (II)-du feu sacré-Des abimes-à la représentation par la peinture et au poème de Alfred de Musset Sonnet à la même

Dans mon précédent article, j’évoquais au sujet du sort, cette recherche chez les grecques de la tranquillité d’esprit et réfléchie  par  Cicéron sous le terme du souverain bien.

La question étant alors résumée ainsi: Face au sort combien de temps pour s’en sortir, quel délai pour un portique du temps, pour parcourir ce  chemin des manes décrit notamment par Ronsard dans son poème sur Orphée ? Pour une sorte de guérison philosophique ou encore spirituelle ou physique ?  Pour un franchissement des abimes ?

L’auteur de ce blog avait axé sa question sur le temps et ce même si Chronos, le dieu du temps ne semble pas être la piste première pour essayer de répondre à cette question de sens du sort, de conquête du souverain bien, de la tranquillité d’esprit.

Or , c’est plutôt à travers la question des éléments et de leurs influences sur l’Âme qu’il faudrait d’abord poser son interrogation.

Pour Héraclite d’Ephèse, philosophe grec, l’élément qui coordonne tout les autres est celui du feu. Le feu comme principe de l’ensemble des choses.

Le feu qui dans l’air devient humidité et c est cette humidité qui serait conducteur pour l’âme de l’homme.L’âme de l’homme étant pour ainsi dire comme l’exprime Héraclite véritablement « mouillée » , comme l’âme du monde est l’émanation de ce qu’il contient d’humide.

Ainsi, vivre dans une caverne, en milieu sombre et humide, pourrait être un bon moyen d’être en contact avec ce feu de l’âme décrit par Héraclite. Nos hommes préhistoriques n’étaient donc probablement pas si fou que cela s’il on peut dire avec le sourire.

De même Héraclite explique que l’homme ivre, titube d’une certaine manière philosophiquement car son âme est humide.

Une soirée bien arrosée est donc plutôt bonne pour se connecter avec ce feu sacré dont parle le philosophe peut-on ajouter avec le même sourire.

Héraclite dit aussi que « les âmes respirent dans l’Hadès », elles sont comme purgées entre la terre et la lune.

Voila en quelque sorte le credo du philosophe

« la mort de la terre, c’est la naissance de l’eau; la mort de l’eau ; la naissance de l’air; la mort de l’air, la naissance du feu et inversement. »

On le voit bien la mort et le feu sont les deux extrémités de la chaine, de la chaine de vie.

La quête du souverain bien, la quête de la guérison pourrait donc sembler facile, il suffirait  en fonction des lunes, des astres et du temps de se connecter à ce feu sacré dont parle Héraclite.

Mais une difficulté subsiste à cette interprétation, une difficulté que soulève le philosophe, c’est la chose selon laquelle tout passe et rien ne demeure et que donc et c’est ici le point important « on ne saurait entrer 2 fois dans le même fleuve ». Ainsi, le voyage d’Orphée au enfer ou par métaphore on ne peut  passer 2 fois par le même chemin.

Et  que pour conclure même pour ceux qui entrent dans les mêmes fleuves, s’écoulent d’autres et d’autres eaux.  Les âmes étant exhalées  de l’humidité. L’âme est une exhalaison, c’est à dire une sorte de vapeur.

Une question demeure en suspend, cette réalité de l’âme et du feu , de l’âme mouillée peut-elle être saisie ? Comprise ? Appréhendée par une sorte de science ou d’art ?

Pour Héraclite, on ne peut saisir 2 fois dans le même état  une réalité  mortelle. On le comprend cette réalité de l’âme et du feu si elle est saisie par un individu doit être certainement très rarement transformée en art.

L’auteur de ce blog pense voir dans une peinture de Gustav Klimt de l’amour 1895 une représentation de ce feu sacré, de cette âme mouillée, en tout cas à travers les esprits matérialisés, peinture que vous pouvez regarder ci-dessous.

Cette interrogation sur la durée du  sort, la quête du souverain bien,   partant  au début de l’hypothèse de portique du  temps, puis du feu et de l’âme, de l’âme mouillée, se retrouve donc en image en face de ce que le peintre Gustav Klimt appelait l’amour. De l’Orphée des enfers à ce tableau de belle époque, c’est donc toujours par l’amour que semble se révéler ce feu sacré, cette tranquilité d’esprit, ce souverain bien.

C’est donc peut-être près de la conquête de la dame, dans une réalité autant physique  métaphysique, qu’il faut se diriger, près du Moyen-age et de la Renaissance.

A moins que comme l’explique le poète Alfred de Musset dans son poème Sonnet à la même tout soit affaire de destin , de langage et de fleuve . Je vous laisse méditer sur ses vers.

Sonnet à la même (Madame M. N.) (I)

 

Quand, par un jour de pluie, un oiseau de passage
Jette au hasard un cri dans un chemin perdu,
Au fond des bois fleuris, dans son nid de feuillage,
Le rossignol pensif a parfois répondu.

Ainsi fut mon appel de votre âme entendu,
Et vous me répondez dans notre cher langage.
Ce charme triste et doux, tant aimé d’un autre âge,
Ce pur toucher du coeur, vous me l’avez rendu.

Était-ce donc bien vous ? Si bonne et si jolie,
Vous parlez de regrets et de mélancolie.
– Et moi peut-être aussi, j’avais un coeur blessé.

Aimer n’importe quoi, c’est un peu de folie.
Qui nous rapportera le bouquet d’Ophélie
De la rive inconnue où les flots l’ont laissé ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A propos François Térrog

Mr Gorret François écrivant et chantant sous le pseudonyme de Mr Térrog François est un homme de 39 ans, originaire de Bretagne, qui propose des articles, des écrits, de la musique, des poèmes personnels et aussi des découvertes, des textes, des poèmes de grands auteurs ect.....

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