Du pélerinage de la vie humaine de Guillaume de Dilgulleville et de la nygromance

Un moine , poète du Xiv ème siècle raconte dans un ouvrage en vers son pèlerinage spirituel  vers la Jérusalem céleste après avoir lu le roman de la rose.

Il semble donc s’agir d’un véritable rêve et le poète s’adresse dans ce pélerinage au début du livre à ceux qui sont sans maison. S’agit-il de maison terrestre ou celeste ? Le poète ne l’explicite pas réellement. C’est en tout cas un voyage qu’il fait en pélerin rencontrant dieu, la charité et  ce qui nous intéressera dans cet extrait, la Nygromance.

C’est à dire une science occulte et magique, un art des morts voir une sorte de diablerie de maléfice  ou sorcellerie condamnable. Ainsi pour Patrick Boudet auteur de entre science et nigromance  « le vol de nygromance-implicitement décrit par le poème de Dilgulleville est une sorte de vol de l’âme en tout cas d’après les mots du personnage « Nygromance » ce qui suppose une damnation éternelle. Or, au Moyen Age, il avait une sorte de  fantasme du vol magique alimentant sorcellerie et nigromance.

La nigromance serait en fait le nom commun se développant chez les clercs et laics entre le 12 ème et 15 ème siècle pour qualifier la nécromance, l’art magique près des morts.

La nigromance serait-elle donc une sorte de science issue d’une  magie archaïque, la nécromance ?

Le texte du Moine  Diguiville ressemble presque à une initiation à une science lors de la discussion entre le pélerin et Nygromance , une science avec une condamnation comme une sorte de justice et d’enseignement  à travers l’idée de leçon.

Et ainsi la Nygromance semble lui présenter un livre et un serment , et comme souvent dans une initiation, celle-ci suppose une mort . Ainsi, le mot de damnation n’est peut-être pas le mieux choisi à moins que l’on considère les sciences comme damnées. La leçon étant celle de la Mors anime, de l’animation de la mort à travers la leçon entre bien et honneur et méfaits.

Le glaive bouté à la fin de cet extrait ressemble presque à la mise au pas du pélerin, à un rite de chevalerie. Le terme occis tu seras semble le prouver. Il s’agirait donc plutôt d’un art , d’une science de la mort étrangère au commun des mortels avec une sorte d’incipit, peut-être un poème animant la mort.

 

La version guitare voix de cet extrait du poème s’essayera à représenter ce langage magique.

(A écouter avec un casque audio ou des bafs stéréo son un peu faible)

LE PELERIN

 

Pourquoy me retourne et vi

Que du pavillon hors yssoit

Une vieille qui noire estoit

Tenant ung glaive nu bouté

En un livre et engayné

Et avoit elles pour voler.

Tantôt commença à crier:

« Attens moy, pas n’eschapperas

Quant de la maistrise orras. »

A vol amoy tantost s’en vint

Maiz sur un arbre hault se tint.

 

NYGROMANCE:

Disant: je suis Nygromance

Qui biens et honneurs avance

Afin que son loyer en ait.

Cellui qui faire le mefait

Siques oy une leçon.

 

Veez ici un livre qui a nom

Hic incipit Mors anime.

Le glaive y est mis et bouté

Duquel quant tu oy auras

Ma leçon, occis tu seras

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A propos François Térrog

Mr Gorret François écrivant et chantant sous le pseudonyme de Mr Térrog François est un homme de 39 ans, originaire de Bretagne, qui propose des articles, des écrits, de la musique, des poèmes personnels et aussi des découvertes, des textes, des poèmes de grands auteurs ect.....

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