Atelier d’écriture numéro 5: Faire un portrait-Le veilleur de nuit du Louvre-La demoiselle aux yeux luminescents

1-Imaginer un portrait: Le veilleur de nuit

Le jour s’éteignait dans les ruelles parisiennes, c’était l’heure ou Monsieur Courtier commençait son travail.Veilleur de nuit au Musée du Louvre, il accédait par la ligne de métro une à cet ensemble pyramidal, par les sous-sols,direction le carré du Louvre.

Sa tenue de jour était des plus soignée.C’est qu’il était en quelque sorte en représentation.Il portait généralement une veste noire en harmonie avec une chemise d’un vert de jade, les cheveux légèrement gominés,le pantalon noir,long, à plis, glissant presque sur ses pieds, le teint un peu pâle.Un long manteau d’hiver avec quelques broderies lui protégeait le corps et une écharpe de mousseline tirant sur le bleu-gris faisait de ce personnage,bien qu’il n’ait pas de canne, une sorte de revenant d’un soir du 19 ème.

Mais, une fois dans l’alcôve, le carré central ,dans son costume cintré,le Talkie-Walkie près de la ceinture, il devenait monsieur sécurité.Ses petits yeux noirs s’allumaient alors  pleins de lueurs dorées surveillant les tableaux, le Lapis-lazuli de vieilles statuettes ou des pièces dorées venant de Macédoine.Dans l’écho du couloir, la marche de ses pas, les chaussures noires glissant d’un mouvement léger. La tête toujours droite et le corps altier, il se disait lui-même gardien des âmes du fort ne voulant déranger les fabuleux trésors.Et pour ces soirs étranges, parfois quand il sortait, près des grands murs de pierres aux portails colossaux, un sourire le prenait devant ces nuits des temps. Malgré le vent puissant et la pluie qui perlait , il était alors presque l’ intendant  du fantastique palais.

2) Portait d’une personne croisée dans la rue: La demoiselle  aux yeux  luminescents

Discutant dans une rue parisienne, un jour vers dix-huit heures et me tenant tout près d’un long quai de barrières, ma vue fut arrêtée en ce soir incertain  par une jeune dame marchant sur le trottoir.Ses grand yeux, d’un bleu profond, semblaient nous regarder. Peut-être étaient-ils même tournées sur mon visage, ses grands yeux questionneurs et tous luminescents?Elle portait un long manteau d’hiver au tissu noir-bleuté avec des reflets blancs.Une petite capuche semblait retenir son cou qu’elle avait fort gracieux.Elle paraissait ainsi sortir d’un roman, une fille de bonne famille, demoiselle aux yeux d’or qu’un certain Balzac n’aurait sans doute point renié.Puis, elle passa la rue de ses pas transparents et le charme aperçu s’évanouit dans la nuit.

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