Atelier d’écriture numéro 14: Thème: La peur, son objet

 

De la peur

 

Nimo venait de rentrer chez lui. Il était dix-neuf  heures  trente. La nuit était déjà tombée sur la ville.

Il grelottait un peu ; froidure peut-être de l’hiver qui venait de passer.

Il alluma une petite lampe, fit chauffer un poêle et s’installa dans un  fauteuil de velours.

 

Nimo ouvrit un livre avec un titre ayant une sorte de consonance ancienne, un   mot un peu étranger : « Idébol ».

 

C’était l’histoire d’une idole.

 

Quelques  gouttes de sueurs coulaient sur le front de Nimo. Il pensa, c’est encore lui, c’est encore celui- là qui……………

 

Ses yeux s’arrêtèrent à la page vingt-quatre de  l’ouvrage. Un mot attira son attention : « la  déliquescence ». C’était la cinquième fois qu’il voyait ces caractères dans le livre.

 

La main frémit et d’un mouvement rapide, il referma l’ouvrage.

Puis, se levant, il s’étira  doucement, tourna la tête et se dirigea vers la salle de bain.

Il se lava le visage, les mains.

Il n’avait aucune envie d’être joyeux, était-il triste ?

Dans la pièce voisine, le poêle chauffait. Il bougea de quelques pas, traversa un vestibule et revint dans le salon. Un journal était posé sur la table, déposé par la gouvernante. Le gros titre étalé d’un seul coup sous ses yeux. Il était intitulé : « De la fin du monde ».

Nimo grelottait toujours.

Il se disait, c’est lui, c’est celui-là !

Etait-il empesé? Son vêtement tout du moins ?

 

Un courant d’air fluet se glissa dans la pièce. Il jeta un nouveau coup d’œil sur son livre : « Idébol »

Une statue lui  faisait face, petite en terre pierreuse. C’était une sorte de golem, un golem étrangement grand. Nimo eut un mouvement de recul. Dans la cuisine, non loin du poêle, une ombre se dessinait à travers les rayons de lune. Il crut voir un long poignard doré.

Des petites gouttelettes d’eau glissaient sur son pantalon. Il eut très froid.

 

Dehors, la pluie battait le pavé. Il crut bien entendre un bruit derrière lui. Etait-ce le golem qui se libérait ?

 

Il l’imaginait se mouvant  dans la pièce, traversant la route, la ville, la vallée, les bois ; les forêts.

Un golem géant arrivant jusqu’à la mer avec dans sa main quelques perles.

 

Soudain, il sentit une main s’abattre sur son épaule. Son corps frémit.

Il eut un cri, une sorte de râlement rauque   comme pour psalmodier quelques choses.

 

Le calme revint. L’homme s’assit et ouvrit à nouveau le livre : « Idébol »

A la vingt-cinquième page, un nouveau chapitre était présenté en caractère gras : « De la peur »

Et Nimo trembla.

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