Atelier d’écriture numéro 13: Imaginer un dialogue biographique:De la guerre en Afghanistan

-« La Seine semble respirer ce soir » pensa éric en remontant une rue en colimaçon. Après une  marche et quelques métros ; il  fut face à un hôpital. Il demanda la chambre 115 et gravit un escalier encore en bonne état. Une infirmière en tenue d’un blanc éclatant lui ouvrit une porte puis une autre.Il y était;chambre 115. La chambre de Bellofora, Lieutenant dans un régiment d’infanterie militaire. Bellofora celui qui disait souvent avec humour, la guerre est la vie des autres. Il n’aimait pas la guerre.

Eric s’approcha. La respiration régulière, les yeux à demi-fermés, tout cela l’amenait à penser que Bellofora s’en sortait bien, après avoir reçu une décharge de tir mitrailleuse dans l’estomac et ce malgré le gilet par balle. Un vrai coup de chevrotine si l’on peut dire.

Cette guerre était d’une autre époque. Une époque sans nucléaire, une guerre presque de tranchée.

Eric essaya de rassembler ses souvenirs. Le visage de Bellofora était paisible et plutôt beau; beau dans sa pâleur mortelle. Il n’était point gueule cassé. L’Afghanistan, une terre sauvage pour Eric, une terre ou des généraux dont un certain Massoud avaient fait d’un combat contre le mouvement d’un peuple,d’une sorte de religiosité d’un autre age,d’une folie; un acte héroïque. Avaient-ils le choix? Eric se souvenait de sa dispute avec Bellofora.

Il s’approcha du survivant puis s’exprimant à haute-voix lui dit à peu près ceci:

« Ami, la vie est parfois triste en ton absence ».

Le corps de Bellofora sembla avoir un frémissement.Eric s’exprima dans un souffle.

J’ai beaucoup de choses à te dire mais est-ce le lieu? Le moment?

La pierre de patience allait-elle se briser? Libérer ces fragments d’âmes mauvaises,celles  absorbés, digérés, celles qui encombrent l’homme? Libérant aussi de ce fait, l’homme de ses ennuis.

Bellofora, toi qui n’as pas de famille. Je n’ai jamais compris ton combat. Tu disais toujours: »je suis entouré de miséreux ». Et pourtant ne voulant changer ce fait ; tu es parti plus loin, pour une terre de misérable si l’on en croit  ton général.

Ce n’est pas pour l’appât du gain comme tant d’autres, ni pour les faux honneurs. Tu n’aimais pas les médailles, les récompenses, offertes le plus souvent comme tu le disais à ceux qui ne font rien.

Alors quoi ? Tu voulais être un héros?

Ta vanité est-elle d’un autre age?

Bellofora…..

Le corps du soldat bougeait à un rythme régulier et presque imperceptible. Allait-il répondre à cette question?

L’infirmière frappa à la porte de la chambre:

– Il est bientôt l’heure d’y aller Monsieur lui dit-elle doucement.

Eric attendait une réponse. Sur la table de chevet, à coté du blessé, un petit bouddha avait été posé. Un bouddha en bronze noir avec des inscriptions, des caractères comme cunéiformes.

Qui avait déposé cet objet?

Eric n’en savait pas plus.Puis, il pensa à Siddhārtha Gautama sous son arbre; eut quelques larmes et sortit de la chambre.

L’infirmière lui déclara  d’une belle voix toute calme; il sera rétabli pour l’automne Monsieur.

Eric essuya ses larmes et partit.

 

 

 

 

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