Atelier d écriture thème numéro7- Faire une description- La boutique ésotérique

Il était presque 18 heures et Jean-Charles consultait tranquillement internet. Il avait pour projet de descendre dans le 5 ème arrondissement de Paris près de la place Saint-Michel et de se diriger   vers une boutique de livres ésotériques qui l’intriguait fortement.

La porte fermée à clé, l’écharpe nouée, il s’enfonça rapidement dans les galeries du métro. Que de personnes circulaient dans ces couloirs, remplis de carreaux blanchâtres. A les observer de près, ces petite dalles, probablement en céramique, donnaient l’impression au voyageur de marcher dans une sorte de grande laverie. Un lieu, au linge virginal résistant à l’air poisseux ambiant et aux marques du temps.

Jean-Charles sortit du métro prestement. Des joueurs de guitare reprenaient une chanson de Bob Marley ce qui enchantait quelques touristes.

Quand il fut dans la rue, il faisait presque nuit. Il chercha de loin l’enseigne de la boutique de livre. Puis après avoir franchi une sorte de rond-point et tout près du coin d’un quai, à l’angle d’une rue se dressa soudainement la boutique ésotérique.

Jean-Charles ouvrit la porte, son regard parcourut la pièce. C’était une de ces vieilles pièces de maison d’autrefois au plafond haut et large dans un style qu’il estima du  18ème siècle. Des livres étaient rangés dans une sorte de bibliothèque mais Jean-Charles fut un peu déçu. Alors qu’il s’attendait à trouver de vieux livres du 19 éme, 18 ème voir antérieur sur la chose ésotérique, il y avait  la surtout des œuvres récentes du 20 ème siècle sur la quête spirituelle. Près d’un personnage barbu, dans un coin, des ouvrages étaient présentés psaumes de prières, des gnoses, mais il n’y prêta attention. Jean-Charles franchit un petit couloir et se déplaça au fond de la pièce mais de même il s’agissait surtout de livres modernes. Il allait ressortir du lieu, un peu dépité quand il sentit comme une sorte de flot de chaleur remplir la pièce. Jean-Charles sourit, les livres ne l’avaient pas enchanté mais il se dégageait de cet endroit, un charme étrange. Autrefois, y avait-il eu ici des alchimistes?

Jean-Charles rentra chez lui le cœur un peu plus léger. Il n’avait rien acheté place Saint-Michel, il restait un autre magasin présentant notamment toutes sortes de livres d’art mais il y retournerait un autre week-end.

La nuit tomba sur la ville, nuit opaque et dure, sombre, comme sans étoile.

Jean Charles s’endormit et le rêve s’invita aux portes de son âme.

Il se voyait entrer dans une grande demeure partout autour de lui de vieux livres en cuirs, certains sur vélin bouffant, de couleurs noires, rouges, bleuâtres avec  parfois quelques dorures. Une odeur de papier emplissait la pièce, une odeur agréable.

Il put lire les titres de quelques ouvrages. Il y avait notamment un grand livre de Gérard De Nerval. Il s’agissait peut-être des filles du feu et des chimères. A coté, l’imposant Aphrodite de Pierre Louÿs lui faisait les yeux doux avec sa couverture d’un mélange bleu, colorée comme une toile de peinture abstraite. Et d’autres livres, plus fantastiques encore, des livres  parcourues de magie, de crépitement anciens. Soudain, le maître des lieux arriva, il lui fit un sourire.

– Vous cherchez donc un livre ésotérique Monsieur dit l’étrange personnage

Jean-Charles le regardait

-Oui  prononça t-il, j’aimerai en détenir un

-Vous devriez savoir qu’en matière de livre, c’est surtout le fait de l’âme qui crée le merveilleux s’exclama son hôte

L’homme lui glissa un exemplaire d’un vieux livre de Racine sous le bras et puis le fit sortir.

Fin du rêve…………….

Jean-Charles sursauta et s’éveilla d’un coup allumant sa vieille lampe. Autour de lui pas de livre mais une odeur de papier qu’il estima brulante. Il regarda sa main, se leva promptement puis se mit à écrire

 

 

 

 

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