« L’une d’elles » poème de Sully Prudhomme extrait des solitudes interprétation guitare/voix

Le poète dans sa vie de tous les jours, est parfois comme en face d’un ennemi invisible. Sully Prud’homme dans son recueil les solitudes  s’y est intéressé et à certainement voulu évoquer cet ennemi invisible, une femme probablement. Il a ainsi intitulé son poème « L’une d’elles » , un poème racontant le voyage d’hiver d’une dame.

Un texte comme un reflet de vérités contraires.

« L’une d’elles »

Les grands appartements qu’elle habite l’hiver
Sont tièdes. Aux plafonds, légers comme l’éther,
Planent d’amoureuses peintures.
Nul bruit ; partout les voix, les pas sont assoupis
Par la laine opulente et molle des tapis
Et l’ample velours des tentures.

Aux fenêtres, dehors, la grêle a beau sévir,
Sous ses balles de glace à peine on sent frémir
L’épais vitrail qui les renvoie ;
Et la neige et le givre aux glaciales fleurs
Restent voilés aux yeux sous les chaudes couleurs
Des longs rideaux brochés de soie.

Là, dans de vieux tableaux, le ciel vénitien
Prête au soleil de France un effluve du sien ;
Et sur la haute cheminée,
Dans des vases ravis en Grèce à des autels,
Des lis renouvelés qu’on dirait immortels
Ne font qu’un printemps de l’année.

Sa chambre est toute bleue et suave ; on y sent
Le vestige embaumé de quelque oeillet absent
Dont l’air a gardé la mémoire ;
Ses genoux, pour prier, posent sur du satin,
Et ses aïeux tenaient d’un maître florentin
Son crucifix de vieil ivoire.

Elle peut, lasse enfin des salons somptueux,
Goûter de son boudoir le jour voluptueux
Où sommeille un vague mystère ;
Et là ses yeux levés rencontrent un Watteau
Où de sveltes amants, un pied sur le bateau,
Vont appareiller pour Cythère.

L’hiver passe, elle émigre en sa villa d’été.
Elle y trouve le ciel, l’immense aménité
Des monts, des vallons et des plaines ;
Depuis les dahlias qui bordent la maison
Jusques au dernier flot des blés à l’horizon,
Elle ne voit que ses domaines.

Puis c’est la promenade en barque sur les lacs,
La sieste à l’ombre au fond des paresseux hamacs,
La course aux prés en jupes blanches,
Et le roulement doux des calèches au bois,
Et le galop, voilette au front, badine aux doigts,
Sous le mobile arceau des branches ;

Et, par les midis lourds, les délices du bain :
Deux jets purs inondant la vasque dont sa main
Tourne à son gré les cols de cygnes,
Et le charme du frais, suave abattement
Où, rêveuse, elle voit sous l’eau, presque en dormant,
De son beau corps trembler les lignes.

Ainsi coulent ses jours, pareils aux jours heureux ;
Mais un secret fardeau s’appesantit sur eux,
Ils ne sont pas dignes d’envie.
On lit dans son regard fiévreux ou somnolent,
Dans son rare sourire et dans son geste lent
Le dégoût amer de la vie.

Oh ! Quelle âme entendra sa pauvre âme crier ?
Quel sauveur magnanime et beau, quel chevalier
Doit survenir à l’improviste,
Et l’enlever en croupe, et l’emporter là-bas,
Sous un chaume enfoui dans l’herbe et les lilas,
Loin, bien loin de ce luxe triste ?

Personne. Elle dédaigne un criminel espoir,
Et se plaît à languir, en proie à son devoir.
Morte sous ses parures neuves,
Elle n’a pas d’amour, l’honneur le lui défend ;
Misérablement riche, elle n’a pas d’enfant ;
Elle est plus seule que les veuves.

 

Pierre de Ronsard – Poème: A Cassandre interprétation guitare/voix.

Pierre de Ronsard , poète de la Pléiade présente dans une série de poèmes, un hommage à une femme qu’ il aurait aimé, Cassandre Salviati, fille d’un banquier Italien.

L’extrait choisi ici est celui de « Mignonne, allons voir si la rose… » , un poème proche d’une sorte d’idée de la  nature. Une nature devenue femme auprès d’un crépuscule.

Une interprétation guitare/voix se voulant légère. (Cette version musicale n’est pas présentée sur mon site Brume et Légende , ce dernier étant à ce jour bloqué malgré mes interventions auprès de l’hébergeur .)

 

A Cassandre  (Pierre de Ronsard)

 

 

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait desclose

Sa robe de pourpre au soleil

A point perdu cette vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vostre pareil.

Las! voyez comme un peu d’espace,

Mignonne, elle a dessus la place,

Las! las! ses beautez laissé cheoir !

O vrayment marastre Nature,

Puis qu’une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que vostre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez vostre jeunesse:

Comme à ceste fleur, la vieillesse

Fera ternir vostre beauté.

 

A Cassandre

 

 

 

 

 

Heinrich Heine-Le chevalier blessé-Almansor Mourant-La fenêtre interprétation guitare-voix

Qui est Heinrich Heine ? Poète Allemand du 19 ème siècle expatrié à Paris en conflit avec le pouvoir de son époque de par ce qui semble être une sorte de jeunesse d’esprit.  Une jeunesse probablement passée près du Rhin et de ses légendes ayant parfois comme emprisonnées son cœur dans une chambre close. La légende de ce poète n’en demeure pas moins fascinante dans cette question de l’inédit qui est  une force de son talent.

Les poèmes proposées ici  en interprétation guitare/voix  formant une petite histoire que l’auteur de ce blog s’essaye à retranscrire en musique.

 

(A écouter avec un casque audio ou des bafs stéréo son un peu faible).

 

Le chevalier blessé

 

Je sais une vieille histoire, une histoire triste et sombre:

Il y avait un chevalier malade d’amour, –

mais sa bien-aimée est infidèle.

 

Il faut qu’il la méprise, parce qu’elle est perfide;

Ses propres peines d’amour, il faut qu’il en rougisse.

 

Il voudrait chevaucher dans la lice, et provoquer les chevaliers au combat:

 » Qu’il s’apprête dit-il à croiser le fer,   celui qui osera soutenir que ma dame n’est pas sans tache! « .

Alors tous se tairaient sans doute, mais pas sa propre douleur:

Il faudrait ainsi qu’il tournât sa lame contre son propre cœur

Qui accuse celle qu’il aime.

 

Almansor mourant 

Sur Zuleima endormie tombent des larmes brûlantes ;

Mes pleurs baignent à flots sa main blanche comme le cygne.

 

Sur Zuleima endormie, tombe mon sang en gouttes rouges,

Et elle soupire péniblement en songe, dit-il  et j’entends battre son petit cœur.

 

Hélas! La douleur est née muette, sans langue dans la bouche,

Elle n’a que des larmes, elle n’a que du sang, le sang de sa blessure mortelle.

 

La fenêtre

Le pâle Henri passait;

La belle Hedwige était à sa fenêtre.

Elle disait à mi-voix: « Que dieu m’assiste !

Celui-là est aussi blême que les spectres !  »

Il leva les yeux, ses yeux languissants, vers la fenêtre.

Quelque chose comme le mal d’amour,

Saisit la belle Hedwige : elle aussi devint pâle comme les spectres.

 

Jour après jour, avec son mal d’amour,

La belle Hedwige se tint dès lors épiant, à sa fenêtre.

Mais bientôt elle fut dans les bras d’Henri,

Nuits après nuits,

A l’heure des spectres.

La rosace du cœur

Les problèmes sur mon blog amen étant résolus après 2 mois d’attente,  le site brume et légende peut continuer son chemin.

 

La rosace du cœur

(Un poème chanté dans les brumes à écouter plutôt avec un casque audio ou des bafs stéréo)

A la belle rose

Est-elle effet des amours ?

Pierre de l’onde éclose

Des quarts en cœur

Aux nœuds des vies

 

Divinatione

Que sépare le bien qui nous sépare ?

Chants de l antique Lesbos

N’y a t-il que muses enchainées ?

Qui protège du néant ?

Des étoiles absorbées ?

Du temple de vie

Faisons nous le voyage

En « tout de royaume »

Et y a t-il autre que celui-ci ?

Qui …….

Les légendes d’armées

Sont-elles légendes dorées ?

De celles qui guériraient

De mortelles blessures ?

 

Au dos de l’abime …….

Aux nœuds des vies

La porte est-elle une solitude ?