Pour une nouvelle poésie au 21 ème siècle- La poésie Métamorphe

La poésie à travers les siècles s’est modifiée et à évoluée. Elle est parfois   le reflet de son époque, de la   société des individus, de l’idée de liberté. Mais de l’antiquité à l’ancien français ,du droit coutumier, de la poésie classique  au romantisme et au création moderne, de la poésie contemporaine bercée par l’existentialisme et des questions plurielles, émergent en ce 21 ème  siècle une autre sorte de poésie, la poésie Métamorphe.

Qu’est ce que la poésie Métamorphe? C’est la recherche d’une poésie libre dans l’esprit des sciences. Elle se veut proche de la littérature et de l’art puisque le livre et la créativité sont les premiers exemples d’un savoir commun concernant l’humanité. Elle n’est point non plus éloignée de la musique qui l’inspire.

C’est le défi du 21 ème siècle de trouver une poésie qui réinvente la liberté, c’est en tout cas  vers cette poésie que l’auteur de ce blog veut avancer.

 

François Térrog

La forêt de Brocéliande

La forêt  de Brocéliande

 

Depuis presque une heure, la route défile. J’aperçois les petits cols, les tracés escarpés et les chemins sinueux. Bientôt, devant nous, elle apparaîtra cette forêt de Brocéliande. Deux kilomètres, de grands arbres se dessinent, est-ce Brocéliande ?

Cette forêt n’est peut-être qu’un rêve. Un   air agréable, nous balaye le visage. Nous sortons de la voiture, un petit village de pierre nous fait face. Un village charmant, avec son église que j’interprète comme de style Gothique. Nous attendons le guide, une jolie demoiselle. Puis c’est la marche vers la forêt que l’on dit enchantée :

« Des bois d’une fontaine, on raconte des légendes, des chevaliers d’Arthur, un gardien chevalier noir et une dame en son château, grand combat en ces lieux d’ombres, et le chevalier vainqueur qui demande guérison près de la source chantante, beaucoup de pèlerins en ce pays et parfois quelques miracles».

C’est après cette belle histoire en marchant dans les chemins que notre guide nous amène près de feuillages ombragés.

Nous pouvons apercevoir une bâtisse en petite pierre d’une hauteur domainiale.

C’est la demeure de la Dame du Lac nous glisse t-on dans l’oreille.

A l’intérieur, des teintures, costumes et habits  de Moyen-âge  ainsi que de grandes peintures.

Je regarde le grand lac et me demande ces chevaliers, allaient-il s’y promener  ou était-ce guerre de heurts ?

Arthur  aurait lancé son épée royale dans ses flots tumultueux.

Peut-être que Dame Guenièvre a quérit  en cette demeure ?

Lancelot du lac et les bois ensorcelés.

Nous reprenons notre marche, à l’aurée d’un  chemin, voilà qu’une personne costumée passe à coté de nous. Elle a un long bâton de bois et une tunique noire. Serait-ce des huluberlus qui traversent la forêt ?

Notre guide nous raconte que parfois viennent prier certaines gens en cet endroit et qu’il y a aussi comédiens et troupe de théâtre.

Brocéliande, un parfum de liberté ?

Le soleil s’incline sur nous, nous sortons de la forêt, dans un chemin mégalithe et c’est presque comme  un désert. Le Soleil frappe plus fort et je pense à l’arbre d’or  qu’en visiteur j’ai contemplé. Cet arbre de dorure qui fut jadis arbre brulé.

C’est un voyage païen m’aurait peut-être dit un ami ?

Nous quittons Brocéliande en rêvant quelques instants, reprenant la longue route.

Le curé de Bouralo (petite nouvelle)

Deux.

Le curé de Bouralo traça d’un mouvement appliqué le chiffre romain sur une grande feuille blanche. Il remplissait des colonnes, préparant le budjet du culte. La première colonne était   ce qu’il appelait le compte du temple. La deuxième était le compte marchand. Il s’escrimait depuis plus d’une heure à calculer la balance du compte et le résultat.

Cet entretien du sacré était devenu pour lui au fil des ans une tâche pénible mais nécessaire. Dans sa jeunesse, le curé de Bouralo n’avait pas eu les mêmes dispositions face à cet entretien du sacré.

Il était fervant, animé, l’œil vif, admirateur du culte de Délos, de l’entretien du dieu, du temple D’Appolon, de la stèle magnifiant le sacré, des tablettes blanchies, du leukoma. Mais aujourd’hui, son travail de grande peine ne lui rendait plus grace. Aujourd’hui, il pensait qu’il aurait pu avoir une autre vie, un autre chemin.

C’était la pensée d’un curé et probablement comme son prochain qu’il avait confessé de nombreuses fois, lui aussi avait ses propres démons.

Dieu coute cher lui aurait peut-être dit sa mère.

Encore jeune prêtre, il se souvenait pourtant d’une histoire qui avait parcouru la sacristie.

L’histoire des habitants de l’île de Délos et de la création d’un culte.

Etait-ce sur un vieux parchemin ou sur quelques gravures scripturales.

De là, à cette époque, il s’était vu le receveur d’un pouvoir de droit divin. Mais aujourd’hui dans le froid de son Eglise, la vanité du culte le fatiguait un peu.

Il avait confessé toutes sortes de personnes, du paysan au simple d’esprit, du bourgeois aux  riches commerçants et même quelques personnages influents.

En cette période, il s’était dit : « Dieu recouvre d’une peau de chagrin la peine des hommes ».

Maintenant, il pensait : « Mon office se termine dans un mois ».

Il aurait voulu être invisible pour souffler à l’oreille de dieu : « Assez  de tous ces travaux ».

C’est alors qu’à 22 heures en ce jour du 02 janvier on vint sonner à sa porte.

 

Une belle dame , d’une quarantaine d’année, vêtue d’un joli chapeau à la mode parisienne se présenta à lui :

-« Bonsoir Mr le curé, Mr Bouralo »

Elle venait pour sa fille. Sur le toit de l’église une ardoise brinquebalait.