Orphée et Eurydice (petite nouvelle)

 

(lecture audio de la nouvelle)

C’était un joli jour ou peut-être un beau soir, ils s’étaient rencontrés à l’ombre d’un regard.

D’Orphée et D’Eurydice, on conte une légende, un enfer de l’amour qui éclaire la vie ; de l’homme, l’humanité de belle mythologie.

Ils étaient près d’un chêne les deux jeunes amoureux, tel tableau de Corot, une forêt merveilleuse, enchantés par le vent et les cyprès heureux.

Eurydice lui dit :

–          Homme nous aimerions-nous  au-delà du souvenir ?

Orphée lui répondit :

–          Je l’écrirais sur ma lyre ma si belle épousée

Mais, en ce jour de serment, la forêt s’assombrit. Et sans pluie diluvienne, alors qu’ils parcouraient

Les bois ensorcelés par un brouillard léger. Eurydice sentit une piqure sur sa jambe ; une morsure de serpent, au galbe du mollet.

 

Fin de leur amour déjà …….Faut-il le comprendre ?

 

La voilà toute pâle, cette morte amoureuse et son triste trépas à mille lieux des hommes.

C’est Orphée qui  la lie à la forêt profonde, tombe pour son repos, éternelle jeunesse, un collier de fleur entourant sa tête, une couronne nécessaire ; hommage à ce printemps qu’aima Boticelli.

Mais soudain, de grands bruits se firent entendre dans la végétation, une voix venue d’ ailleurs , vents soufflant à l’unisson……..

« Orphée, Orphée, tu …….pourrais la sauver. Prends  le passage de l’autre dans la nuit des enfers. Elle est encore là-bas, ta belle damoiselle près d’une vallée sans nom ou d’une étrange colline. »

 

Orphée suivit la voix, crépitement de broussailles. Et passant sur des  terres, mortifères des entrailles, parlant au Dieu Hadès lui-même et chantant son amour, le temps de sa promesse enfermé par un jour.

Hadès si ébloui  par sa grâce mortelle, lui dit cadeau du ciel qui raconte les cieux :

-« Jeune homme tu partiras en ramenant ta belle. Elle passera le Cocyte et sera derrière toi. Mais, jusqu’à la sortie de ce monde, tu ne dois te retourner et la regarder, cette morte que tu imagines revenant d’éternité. »

Orphée acquiesça brièvement, partant avec cette femme. Elle le suivait, lui vaillant dans les chemins obscures.

Souriait-il, cette âme et ce corps perdu ?   Revenir de ces lieux, est-elle-même personne ?

Après bien des heurts, voilà qu’au bout du temps, une lumière étonnante fit grande apparition comme un brasier vivant.

C’est le monde du dehors pensa vivement Orphée. Et heureux plus que tout, il se retourna d’un coup disant à Eurydice :

-« Nous sommes arrivés ma chère ».

Fatale erreur que Satan inspira. Sitôt changée en pierre ; cette fille disparu. Une ombre sur son sourire, un regard dans les nues.

Et Orphée qui revient le cœur empli  de peine.

 

La première morte aimée n’est pas fille de matière, humaine pour le sort, mais bien statue de pierre le souvenir d’un trésor.

Et on raconte Qu’Orphée, de cet amour perdu, chanta depuis ces jours à la beauté des pierres.

Espérant que son épousée, celle qui ne revint pas. De pierre ainsi parfaite, un jour comme le vent ; délivrée  imparfaite, lui souffle en un instant :

-« Homme nous nous aimerons au-delà du souvenir ».

Et c’est depuis ces heurts, qu’un temps parfois pour l’homme est l’enfer de la femme.

 

Le Fleuve-récit poétique

Le Fleuve, un petit récit poétique présenté à la revue secousse (Editions Obsidiane)  qui n’a pas été retenu par le comité de lecture. Une revue en ligne que vous pouvez consulter ici   http://www.revue-secousse.fr/Secousse-09/Sks09-Sommaire.html

Voici le texte

Le Fleuve  

 

Histoire  de la rive

 

Il est  sur la rive entendue

Celle que l’écho n’a pas encore frappée

De l’autre, il ne sait rien à part peut-être un vent lointain

 

Fait-il froid ce soir ?

Est-il seul ?

 

Des ombres dessinent des figures

De la nuit quelques étoiles

 

Tourne, tourne

La corde est prête

Il faut bien franchir le fleuve

Les arbres  bougent étrangement

Craquement, qui glisse aux eaux ?

Celui la trempe ses pieds

Dans le fleuve à  la couleur terre bleuté

 

 

 

Oxygène liquide

 

Il n’y a plus que quelques minutes avant l’immersion

Scaphandrier de l’impossible

Plongez……..

Dans la faille marine

Sous les  algues ondulantes

Ou  le beau poisson  corail

Gobie jaune en robe d’écailles

Se  fait mangeur végétal

 

L’homme cherche le courant

 

Dans  l’eau verte du lagon

Un  chemin entre falaise

Abysse  et belle lanterne

Ne faut-il s’époumoner ?

Cyclone en matière liquide

Peut-être un cercle de pierre

Le tumulus oublié

 

                           Les  Belles Antiques

                              D’un corps à corps

                              Toucher des yeux

                               Relier l’être à ces bienheureuses

                               Le chantre métaphysique

                               Une psyché idyllique

                               Ame magique  Triangle d’or

                               Arts et gentes, régents de l’aurore

                               Pour un bout de  fantastique

                               Sourire  D’amour

                               Sourire

                                C’est la belle en son miroir

                                Qui va se coucher ce soir

                                 Priant les dieux

                                 C’est le fleuve de ces Vénus

                                 Antiques pierres polies

                                 Ondines, Bacchantes, Nymphettes

                                 Et des déesses célestes

                                      C’est le mythe et la légende

                                       Demoiselles aux yeux dorés

                                       Femmes qui enchantent

                                       Si Sirènes étaient contées

 

 A la sortir  de l’eau

 

 

Sur le bord de la rive

Cet homme,

Grand poète Lamartine

Le vois-tu ce jour ?

 

Il vient de franchir le fleuve

Ce tombeau pour certains

Ce chemin de cordée pour d’autres

 

Lentement il se sèche

Près d’un feu  de fortune

 

Un castor se déplace

Au lit d’une rivière

 

Il faut couper du bois

Avant que nuit emporte

 

 

François Térrog

 

 

 

 

 

Le chant des destinées (I)

 

La belle demoiselle

Qui viendrait à parler

A ce moment précis

Ou vous fûtes invité

N’est ce point chose étrange que  de ce savoir dire

D’un dialogue pour les uns

Et pour d’autres un soupir

 

Un jour   d’un grand  voyage

Un matelot, ouvrant un vieux registre de bord,

Racontait

Une  sorte d’Homériade

Une étrange odyssée

 

D’une cité engloutie

Et d’un bout de papier

D’une carte au trésor

Tels Argonautes et Jason

 

Odes, jolies  sirènes

Cariatides, belles  eaux vibrantes

 

Des caravelles et des navires armés

Des fantômes dans les nuits

Des feux et des lanternes

 

Mais voila que son livre se referme

Et vous êtes soudain , vous, près de la demoiselle

Elle, elle, n’a pas changé

Mais vous, vous   avez entendu  l’histoire

 

Elle  dit en quelques mots  près d’un  regard

Vous êtes attendu Monsieur

Et c’est la destinée qui chante à votre porte