Atelier d’écriture: Décrire un univers totalitaire

Georges marchait le long d’une petite rue grisâtre.Il pleuvait.Georges était un peu fatigué, sa journée avait été harassante. Arrivé près d’un immeuble de style hausmannien, il fit fonctionner machinalement la porte digicodé, traversa un long vestibule et s’arrêta devant une belle boite aux lettres à son nom, monsieur Balay. Il ouvrit celle-ci. Un courrier, d’apparence un peu ancienne, avec un timbre rouge et cacheté attira son attention puisqu’il attendait la réponse du tribunal pour une plainte . Il regarda celui-ci c’était une lettre adressée à Monsieur Trolay. Georges eut un choc .Sa plainte pour harcèlement avait-elle été prise en compte? Ce Monsieur Trolay, il ne le connaissait pas, mauvaise ortographe de son nom peut-être? « Trolay? Balay… » Georges eut un sentiment de colère. Il ouvrit la lettre. Il était indiqué sur le document « avis de classement au nom de Monsieur Trolay ». Il y avait bien un numéro de Parquet mais pas la nature de l’affaire.Monsieur Georges eut l’impression qu’on voulait l’emprisonner. Un numéro de téléphone était précisé afin de joindre le service d’ordre du tribunal pour tout renseignement sur l’affaire. Georges se dit on paye donc ces gens de justice pour ce genre de plaisanterie. On devrait les déclasser. Il prit le courrier, le scanna avec l’écran de son téléphone, nota le numéro de parquet et jeta le document à la poubelle. Que faire maintenant? Une colère l’envahissait. Une colère profonde. A peine arrivé chez lui, le téléphone sonna. Il décrocha, une personne de sa famille au bout du fil lui disait que son cousin venait d’avoir un accident de voiture. Et Georges pensa : »ces gens de justice sont en plus des criminels » Le fait n’avait rien à voir avec la lettre mais l’évènement n’était pas anodin. Il ouvrit son frigo, déboucha une bouteille, se servit un verre de coca et prit une gélule d’un relaxant que lui avait conseillé son médecin. Cinq minutes passèrent, il sentit une douleur à l’estomac, une douleur vive. Georges se dit : « Les empoisonneurs, en d’autre temps, on leur aurait coupé la tête ou brulés vif pour ce genre de choses découvertes ». Georges s’assit sur une belle chaise en bois, il entendit un craquement. Un des pieds de la chaise se tordait. Il se leva, jeta un oeil dans la grande pièce. Au dessus, on entendait un grand bruit, le voisin du troisième étage écoutait du death métal. Georges avait envie intérieurement de tout casser qu’ils soient assasinés ces autres, ces malendrins. Il alluma l’ordinateur, cliqua sur la page destination et se dit: « j’ai besoin d’un ailleurs ». Il était comme un exilé, attendant qu’on lui fasse droit et voyait en face de lui une machine instrumentalisée, un pouvoir d’une société, d’hommes, de femmes de mauvaises humanités. Sur internet, il contemplait de jolies photos, des paysages magnifiques, des pays civilisés, des femmes charmantes. Dans la pièce la chaleur s’installait doucement. Il prit un café et pensa:  » Les totalitaristes sont à l’extérieur ». Il écrivit une lettre au Tribunal puis sortant un vieux chevalet et une toile il dessina un paysage.