Leconte De Lisle-Le rêve du jaguar-interprétation guitare/Voix

Un magnifique poème de Leconte De Lisle , on imagine ce rêve, ce jaguar bondissant dans la forêt le corps musclé et près à sauter sur sa proie. Une version guitare voix interprété avec un air un peu hasardeux mais il en est certainement ainsi de la marche du jaguar d’une tension presque sauvage. Il ne manque que l’électricité sur ce morceau, peut être pour une prochaine interprétation.

Leconte de Lisle-le rêve du Jaguar- Clip audio 200

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur,
Dans l’air lourd, immobile et saturé de mouches,
Pendent, et, s’enroulant en bas parmi les souches,
Bercent le perroquet splendide et querelleur,
L’araignée au dos jaune et les singes farouches.
C’est là que le tueur de boeufs et de chevaux,
Le long des vieux troncs morts à l’écorce moussue,
Sinistre et fatigué, revient à pas égaux.
Il va, frottant ses reins musculeux qu’il bossue ;
Et, du mufle béant par la soif alourdi,
Un souffle rauque et bref, d’une brusque secousse,
Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi,
Dont la fuite étincelle à travers l’herbe rousse.
En un creux du bois sombre interdit au soleil
Il s’affaisse, allongé sur quelque roche plate ;
D’un large coup de langue il se lustre la patte ;
Il cligne ses yeux d’or hébétés de sommeil ;
Et, dans l’illusion de ses forces inertes,
Faisant mouvoir sa queue et frissonner ses flancs,
Il rêve qu’au milieu des plantations vertes,
Il enfonce d’un bond ses ongles ruisselants
Dans la chair des taureaux effarés et beuglants.

Leconte de Lisle – Poèmes barbares

Leconte de Lisle-Poèmes barbares-Les Elfes-Interprétation guitare/voix

Un autre poème de Leconte de Lisle, une version chantée  pas aussi réussie que le poème les oiseaux de proie mais je propose finalement cette ballade pour l’instant , quitte à la modifier plus tard.C’est une interprétation des 3 premiers couplets.Petite précision une erreur s’étant glissé dans la présentation du morceau il s’agit de prononcer Leconte de Lile et non De Lisle le S  ne se prononçant pas.

Les elfes   Leconte de Lisle les elfes-Clip audio 182

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Du sentier des bois aux daims familier,
Sur un noir cheval, sort un chevalier.
Son éperon d’or brille en la nuit brune ;
Et, quand il traverse un ravon de lune,
On voit resplendir, d’un reflet changeant,
Sur sa chevelure un casque d’argent.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Ils l’entourent tous d’un essaim léger
Qui dans l’air muet semble voltiger.
– Hardi chevalier, par la nuit sereine,
Où vas-tu si tard ? dit la jeune Reine.
De mauvais esprits hantent les forêts
Viens danser plutôt sur les gazons frais.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

– Non ! ma fiancée aux yeux clairs et doux
M’attend, et demain nous serons époux.
Laissez-moi passer, Elfes des prairies,
Qui foulez en rond les mousses fleuries ;
Ne m’attardez pas loin de mon amour,
Car voici déjà les lueurs du jour.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

– Reste, chevalier. Je te donnerai
L’opale magique et l’anneau doré,
Et, ce qui vaut mieux que gloire et fortune,
Ma robe filée au clair de la lune.
– Non ! dit-il. – Va donc ! – Et de son doigt blanc
Elle touche au coeur le guerrier tremblant.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Et sous l’éperon le noir cheval part.
Il court, il bondit et va sans retard ;
Mais le chevalier frissonne et se penche ;
Il voit sur la route une forme blanche
Qui marche sans bruit et lui tend les bras :
– Elfe, esprit, démon, ne m’arrête pas !

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

Ne m’arrête pas, fantôme odieux !
Je vais épouser ma belle aux doux yeux.
– Ô mon cher époux, la tombe éternelle
Sera notre lit de noce, dit-elle.
Je suis morte ! – Et lui, la voyant ainsi,
D’angoisse et d’amour tombe mort aussi.

Couronnés de thym et de marjolaine,
Les Elfes joyeux dansent sur la plaine.

 

 

Leconte De Lisle-Poèmes antiques-Les oiseaux de proie-interprétation guitare/voix

Leconte de Lisle est certainement un des grands poètes du 19 ème siècle mais plutôt difficile d’accès.En effet, alors que Vigny ou Hugo se servent de L’Histoire pour expliquer l’âme et le cœur de leur temps. Leconte de Lisle  cherchait plutôt à vivre complètement dans ce passé historique devenant ainsi par ces mots un contemporain D’Ovide ou peut être mieux encore de Homère.C’est en tout cas la critique commune qui apparait dans de nombreux livres.Ses poèmes antiques sont donc très Hellénistes et s’il est dit qu’il privilégie la beauté formelle, l’art pour l’art (quatrains et sonnets complexes par exemple) certains de ses écrits sont réellement magiques comme ce poème Les oiseaux de proie.Est-ce pour justifier sa qualité de poète,la rendre légitime qu’il semble comparer son supplice devant la grandeur des dieux immortels au sort de  Prométhé attaché à la Montagne et dont le foie est mangé par des rapaces? Ce foie  qui toujours repousse tel la phrase du poète « je tombe du ciel et n’en puis mourir »

Proposition d’une interprétation guitare/voix de ce magnifique poème-petite précision une erreur s’étant glissé dans la présentation du morceau il s’agit de prononcer Leconte de Lile et non De Lisle le S  ne se prononçant pas.

Les oiseaux de proie Leconte de Lisle-les oiseaux de proie-Clip audio 178

Je m’étais assis sur la cime antique
Et la vierge neige, en face des Dieux ;
Je voyais monter dans l’air pacifique
La procession des Morts glorieux.
La Terre exhalait le divin cantique
Que n’écoute plus le siècle oublieux,
Et la chaîne d’or du Zeus homérique
D’anneaux en anneaux l’unissait aux cieux.
Mais, ô Passions, noirs oiseaux de proie,
Vous avez troublé mon rêve et ma joie :
Je tombe du ciel, et n’en puis mourir !
Vos ongles sanglants ont dans mes chairs vives
Enfoncé l’angoisse avec le désir,
Et vous m’avez dit : – Il faut que tu vives. –