La vision Alfred De Musset Interprétation guitare/Voix

Un très beau poème d’Alfred De Musset classé dans ses poèmes posthumes, la vision.Si le poète est parfois éclairé par des sortes d’images, cette vision de Musset est une véritable histoire et on a  l’impression d’assister a sa mort vécue, son esprit se baladant dans cette pièce  avec notamment cette description du  rideau vieux spectre en sentinelle.Une interprétation guitare voix un peu brouillonne mais n’ayant pas le matériel adéquat pour mieux faire, je dépose cette version ainsi, le poème étant comme ces ombres qui passent  autour de nous.

Alfred De Musset-Clip audio 254

La vision

Je vis d’abord sur moi des fantômes étranges
Traîner de longs habits ;
Je ne sais si c’étaient des femmes ou des anges !
Leurs manteaux m’inondaient avec leurs belles franges
De nacre et de rubis.

Comme on brise une armure au tranchant d’une lame,
Comme un hardi marin
Brise le golfe bleu qui se fend sous sa rame,
Ainsi leurs robes d’or, en grands sillons de flamme,
Brisaient la nuit d’airain !

Ils volaient ! – Mon rideau, vieux spectre en sentinelle,
Les regardait passer.
Dans leurs yeux de velours éclatait leur prunelle ;
J’entendais chuchoter les plumes de leur aile,
Qui venaient me froisser.

Ils volaient ! – Mais la troupe, aux lambris suspendue,
Esprits capricieux,
Bondissait tout à coup, puis, tout à coup perdue,
S’enfuyait dans la nuit, comme une flèche ardue
Qui s’enfuit dans les cieux !

Ils volaient ! – Je voyais leur noire chevelure,
Où l’ébène en ruisseaux
Pleurait, me caresser de sa longue frôlure ;
Pendant que d’un baiser je sentais la brûlure
Jusqu’au fond de mes os.

Dieu tout-puissant ! j’ai vu les sylphides craintives
Qui meurent au soleil !
J’ai vu les beaux pieds nus des nymphes fugitives !
J’ai vu les seins ardents des dryades rétives,
Aux cuisses de vermeil !

Rien, non, rien ne valait ce baiser d’ambroisie,
Plus frais que le matin !
Plus pur que le regard d’un oeil d’Andalousie !
Plus doux que le parler d’une femme d’Asie,
Aux lèvres de satin !

Oh ! qui que vous soyez, sur ma tête abaissées,
Ombres aux corps flottants !
Laissez, oh ! laissez-moi vous tenir enlacées,
Boire dans vos baisers des amours insensées,
Goutte à goutte et longtemps !

Oh ! venez ! nous mettrons dans l’alcôve soyeuse
Une lampe d’argent.
Venez ! la nuit est triste et la lampe joyeuse !
Blonde ou noire, venez ; nonchalante ou rieuse,
Coeur naïf ou changeant !

Venez ! nous verserons des roses dans ma couche ;
Car les parfums sont doux !
Et la sultane, au soir, se parfume la bouche ;
Lorsqu’elle va quitter sa robe et sa babouche
Pour son lit de bambous !

Hélas ! de belles nuits le ciel nous est avare
Autant que de beaux jours !
Entendez-vous gémir la harpe de Ferrare,
Et sous des doigts divins palpiter la guitare ?
Venez, ô mes amours !

Mais rien ne reste plus que l’ombre froide et nue,
Où craquent les cloisons.
J’entends des chants hurler, comme un enfant qu’on tue ;
Et la lune en croissant découpe, dans la rue,
Les angles des maisons.

 

 

Lire Premières poésies de Alfred De Musset ou le jeune poète et ses femmes

L’achat d’un ouvrage d’ Alfred De Musset dans une vieille collection du 19 ème  permet de retrouver le charme désuet d’une époque, une présentation d’origine et ce  même si ce poète reste terriblement moderne.Cet article ne se penchera sur les minis nouvelles poétiques qu’il  nous présente mais plutôt sur les poèmes ,courtes versifications,de ses femmes aimées ou admirées.Il faut le comprendre accéder à la beauté des poèmes de Musset c’est en partie les déclamées ou mieux encore les chantés comme l’indique l’auteur dans son intitulé: »chansons à mettre en musique ».La magie de Musset est parfois dans les derniers vers de certains  de ses quatrains comme pour Pépita  avec: »la réalité dément ou les bonbons et les maris ». Sucre d’orge qui palpite.Musset, dans son ouvrage, embrasse semble t-il de nombreuses femmes comme la Marquise ou L’andalouse sorte de beauté féminine venant de l’enfance.A qui a t-il donné son âme? Déjà, le poète s’échappe parlant d’étoile vagabonde.Des belles Espagnoles de Madrid, de Venise la rouge, de celle qui se pare pour le bal qu’on prépare, de la Vanina pâmée ou Narcissa la folle,Musset a à peine 20 ans et il voit déjà juste  comprenant la meurtrissure des corps et des cœurs interrogeant ses amantes,fut-il vrai  libertin? Alors, comment comprendre, que quelques temps après,  il écrive en pleine tristesse avoir perdu amis et avoir compris la triste vie?

C’est-il perdu en amour?comme rappelant ses vers prophétiques a Madame  Ménessier

« son âme dans votre âme un instant est passée » , « le rêve de son cœur un soir c’est arrêté ».

Ce n’est  pas pourtant pas la foi qui lui manque ainsi dans son poème Stances  il dit aimé la croix blanche et le bénitier réfutant en cela les mots qu’aurait lancé  Lamartine sur ce joyeux poète.Musset semble de toutes les fêtes comme ses filles ,vibrantes, posant  le masque noir  accourant vers le bal.

A la lecture de certains de ses nombreux poèmes, il nous reste deux réponses.Il semble que Musset, paré de beaucoup de génie,n’ait pas le sens antique et c’est peut-etre alors la cause de son malheur.Yeux qui discernaient l’ont-ils plongé dans l’oubli? Reste aussi cette phrase à la fin de Premières poésies dans le récit poétique Narmouna expliquant le destin:

« Mais le hasard peut tout,-et ce qu’on voit lui faire

Nous a souvent appris que le bonheur sur terre

Peut n’avoir qu’une nuit, comme la gloire d’un jour ».

 

Interprétation du poème Pépa guitare/voix

 

Musset.Pepa- 1                          Musset-Pepa-197

A Pépa

Pépa, quand la nuit est venue,
Que ta mère t’a dit adieu;
Que sous ta lampe, à demie nue,
Tu t’inclines pour prier Dieu;

A cette heure où l’âme inquiète
Se livre au conseil de la nuit;
Au moment d’ôter ta cornette,
Et de regarder sous ton lit;

Quand le sommeil sur ta famille
Autour de toi s’est répandu;
Ô Pépita, charmante fille,
Mon amour, à quoi penses-tu ?

Qui sait? Peut-être à l’héroïne
De quelque infortuné roman;
A tout ce que l’espoir devine
Et la réalité dément;

Peut-être à ces grandes montagnes
Qui n’accouchent que de souris;
A des amoureux en Espagne,
A des bonbons, à des maris;

Peut-être aux tendres confidences
D’un coeur naïf comme le tien;
A ta robe, aux airs que tu danses;
Peut-être à moi,-peut-être à rien.


 

 

 

Venise-poème de Alfred De Musset-Chanson-Interprétation guitare/voix

 

Alfred De Musset dans l’ouvrage premières poésies intitule une de ses parties comme étant celle des chansons à mettre en musique.Il en est donc ainsi de ce poème Venise qu’il nomme Venise la rouge, peut-etre en rapport avec le pigment rouge ou le drapeau de la ville, à moins que cela ne soit la couleur de la passion.Une passion que Musset connaitra bien plus tard dans les bras de Georges Sand.Mais, pour l’instant, écoutons la vie de la jeunesse  qui inspire ce poème dans une version guitare/Voix qui pourrait être modifiée par la suite celle-çi étant un premier jet,une première impression

 

Venise-Alfred de Musset

 

Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l’eau,
Pas un falot.

Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l’horizon serein,
Son pied d’airain.
Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons
Couchés en ronds,
Dorment sur l’eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.
La lune qui s’efface
Couvre son front qui passe
D’un nuage étoilé
Demi-voilé.
Ainsi, la dame abbesse
De Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.
Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,
Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues,
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,
Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.
Ah ! maintenant plus d’une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L’oreille au guet.
Pour le bal qu’on prépare,
Plus d’une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.
Sur sa couche embaumée,
La Vanina pâmée
Presse encor son amant,
En s’endormant ;
Et Narcissa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S’oublie en un festin
Jusqu’au matin.
Et qui, dans l’Italie,
N’a son grain de folie ?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours ?
Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.
Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés…
Ou pardonnés.
Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes,
Qu’à nos yeux a coûté
La volupté !

 

Interprétation d’un poème de Musset-Sonnet à la même (Madame M. N.) (I)

Une tentative d’interprétation difficile mais après plusieurs essais je laisse cette version la voix se traine un peu mais l’esprit est la (un texte un peu triste tout de même,voir très mélancolique) sans omettre une possible nouvelle version plus tard.

Alfred De Musset-sonnet a la meme-version 2

Sonnet à la même (Madame M. N.) (I)

Quand, par un jour de pluie, un oiseau de passage
Jette au hasard un cri dans un chemin perdu,
Au fond des bois fleuris, dans son nid de feuillage,
Le rossignol pensif a parfois répondu.

Ainsi fut mon appel de votre âme entendu,
Et vous me répondez dans notre cher langage.
Ce charme triste et doux, tant aimé d’un autre âge,
Ce pur toucher du coeur, vous me l’avez rendu.

Était-ce donc bien vous ? Si bonne et si jolie,
Vous parlez de regrets et de mélancolie.
– Et moi peut-être aussi, j’avais un coeur blessé.

Aimer n’importe quoi, c’est un peu de folie.
Qui nous rapportera le bouquet d’Ophélie
De la rive inconnue où les flots l’ont laissé ?