De la revue Recours au poème numéro 22 de Jean Portante et autres poètes

Un site nécessaire, voire vital, pour ceux qui veulent s’abreuver de poésie d’aujourd’hui , la revue internet  Recours au poème dirigé par Gwen Garnier-Duguy.Vous pouvez  consulter la revue sur ce lien http://www.recoursaupoeme.fr/

Mais revenons maintenant au numéro 22 de recours au poème.Il présente des textes de Jean Portante réunis sous le thème de ce qui advient et ce qui n’advient pas  (  http://www.recoursaupoeme.fr/jean-portante/ce-qui-advient-et-ce-qui-n%E2%80%99advient-pas-i  .)

Après avoir digéré les poèmes, à la lecture du titre, on le comprend il s’agit probablement d’une étude de  l’être et plus encore de l’autre s’il faut parler d’altérité.Jean Portante s’intéresse dans ses écrits à l’ombre. Ce thème de l’ombre semble ne pas avoir été beaucoup approfondi par les poètes.Victor Hugo dans le poème l’ombre l’imagine comme une femme pleureuse souffrant des coups qui frappent l’homme.http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/l_ombre.html

Apollinaire l’imagine lui en dieu humilié  http://www.lerefugepoetiquedelou.net/t3358-ombre-poeme-de-guillaume-apollinaire

Finalement, chaque poète a peut-etre son ombre particulière malgré la masse d’ombres, Jean Portante essaye semble t-il de déchiffrer cette discussion avec l’ombre du poète , l’autre nous- même dans un espace de nature et aussi   un chant de solitude.L’étude de l’ombre ne pouvant probablement s’envisager qu’après de nombreuses années poétiques.

Une chronique aussi intéressante dans ces jours de fête des morts: trous de la poètesse Roumaine Rodica Draghincescu  http://www.recoursaupoeme.fr/chroniques/trous/rodica-draghincescu

Cela ne parle pas de porno comme nous le précise l’auteur, serait-ce sa condition féminine qui l’y oblige ?Premier trou peut-être?

En tous cas, c’est cette intention de ce qu’elle appelle le bas qui retentit dans ses mots.Qu’y a t-il plus bas que tout? Elle interroge sans doute notre dignité, elle veut probablement la mettre à mal.

Pour la tombe,ce trou n’est pas des plus romantique, c’est le second trou, celui de la fin d’une vie. La mort du goût? Et les tombes de ceux qui furent aimés? Sociétés et fins des concessions perpétuelles, columbarium ou la mort devenue cendre, le retour aux urnes Étrusques. Serions-nous plus proche de la mort en y étant pourtant si loin?

Reste le jamais vu , si bien dessiné dans ses mots qu’un homme aurait peut-etre du mal à l’exprimer.

Enfin, le poème de Matthieu Baumier qui  se veut un révélateur

Et, tout autour de l’Axis Mundi http://www.recoursaupoeme.fr/matthieu-baumier/et-tout-autour-de-l%E2%80%99axis-mundi

En effet, d’après la religion ou la Mythologie, il existe  des connexions entre le ciel et la terre ce sont les Axis Mundi comme la basilique de Saint Pierre à Rome ou encore les pyramides D’Egypte. Matthieu  Baumier nous fait prendre conscience de l’importance de ces connexions pour l’homme comme pour le poète.Et il conclut sur l’odeur de L’humus que le chemin des brumes distingue lui aussi   http://terrog.blog.lemonde.fr/2012/10/02/les-bois-melancoliques/  ,chemin de connexion, voyage  près des grandes forêts sans doute.


 

 

Livre de poésie Magnétique en Vente

Enfin, les derniers détails réglés, le livre sort  pour L’automne.Livre de circonstance pour  oublier un peu le parfois  tragique   monde moderne et sa pression .Puis, écoutez du sens tragique, magique, ironique,onirique  et tant d’autres pour vous  éclairer un soir de faible lumière ,un soir de pluie,voir un soir de tempête ou lorsque les Muses  auront éveillé lecteurs vos beaux   yeux aux lueurs spectrales.Vous le voyez le livre est prêt à vous recevoir.  http://www.thebookedition.com/magnetique-francois-terrog-p-88645.html

Lire Premières poésies de Alfred De Musset ou le jeune poète et ses femmes

L’achat d’un ouvrage d’ Alfred De Musset dans une vieille collection du 19 ème  permet de retrouver le charme désuet d’une époque, une présentation d’origine et ce  même si ce poète reste terriblement moderne.Cet article ne se penchera sur les minis nouvelles poétiques qu’il  nous présente mais plutôt sur les poèmes ,courtes versifications,de ses femmes aimées ou admirées.Il faut le comprendre accéder à la beauté des poèmes de Musset c’est en partie les déclamées ou mieux encore les chantés comme l’indique l’auteur dans son intitulé: »chansons à mettre en musique ».La magie de Musset est parfois dans les derniers vers de certains  de ses quatrains comme pour Pépita  avec: »la réalité dément ou les bonbons et les maris ». Sucre d’orge qui palpite.Musset, dans son ouvrage, embrasse semble t-il de nombreuses femmes comme la Marquise ou L’andalouse sorte de beauté féminine venant de l’enfance.A qui a t-il donné son âme? Déjà, le poète s’échappe parlant d’étoile vagabonde.Des belles Espagnoles de Madrid, de Venise la rouge, de celle qui se pare pour le bal qu’on prépare, de la Vanina pâmée ou Narcissa la folle,Musset a à peine 20 ans et il voit déjà juste  comprenant la meurtrissure des corps et des cœurs interrogeant ses amantes,fut-il vrai  libertin? Alors, comment comprendre, que quelques temps après,  il écrive en pleine tristesse avoir perdu amis et avoir compris la triste vie?

C’est-il perdu en amour?comme rappelant ses vers prophétiques a Madame  Ménessier

« son âme dans votre âme un instant est passée » , « le rêve de son cœur un soir c’est arrêté ».

Ce n’est  pas pourtant pas la foi qui lui manque ainsi dans son poème Stances  il dit aimé la croix blanche et le bénitier réfutant en cela les mots qu’aurait lancé  Lamartine sur ce joyeux poète.Musset semble de toutes les fêtes comme ses filles ,vibrantes, posant  le masque noir  accourant vers le bal.

A la lecture de certains de ses nombreux poèmes, il nous reste deux réponses.Il semble que Musset, paré de beaucoup de génie,n’ait pas le sens antique et c’est peut-etre alors la cause de son malheur.Yeux qui discernaient l’ont-ils plongé dans l’oubli? Reste aussi cette phrase à la fin de Premières poésies dans le récit poétique Narmouna expliquant le destin:

« Mais le hasard peut tout,-et ce qu’on voit lui faire

Nous a souvent appris que le bonheur sur terre

Peut n’avoir qu’une nuit, comme la gloire d’un jour ».

 

Interprétation du poème Pépa guitare/voix

 

Musset.Pepa- 1                          Musset-Pepa-197

A Pépa

Pépa, quand la nuit est venue,
Que ta mère t’a dit adieu;
Que sous ta lampe, à demie nue,
Tu t’inclines pour prier Dieu;

A cette heure où l’âme inquiète
Se livre au conseil de la nuit;
Au moment d’ôter ta cornette,
Et de regarder sous ton lit;

Quand le sommeil sur ta famille
Autour de toi s’est répandu;
Ô Pépita, charmante fille,
Mon amour, à quoi penses-tu ?

Qui sait? Peut-être à l’héroïne
De quelque infortuné roman;
A tout ce que l’espoir devine
Et la réalité dément;

Peut-être à ces grandes montagnes
Qui n’accouchent que de souris;
A des amoureux en Espagne,
A des bonbons, à des maris;

Peut-être aux tendres confidences
D’un coeur naïf comme le tien;
A ta robe, aux airs que tu danses;
Peut-être à moi,-peut-être à rien.


 

 

 

Théorie de l’amour chez marcile Ficin et la Nuit obscure de Jean De la Croix

Marcile Ficin né en 1433 est un poète et philosophe italien. Il est influencé notamment par Platon qu’il a traduit.Dans de L’amour, il établit différentes définition de l’amour et s’intéresse aussi au siège de l’âme amoureuse.Ainsi, il rappelle qu’en matière d’amour Platon disait et c’est un commencement: « L’ amant est une âme morte dans son propre corps et vivant dans un autre ».  Marcile Ficin commente cet amour en s’inspirant du mythe d’Orphée, de l’amour impossible.Il en conclut qu’il existe un amour simple et un amour réciproque.Pour l’amour réciproque il en arrive finalement à  une théorie, pour lui,l’âme amoureuse  est passagère du corps.

: »pendant que moi je t’aime alors que tu m’aimes, je retrouve mon moi en pensant à toi et je récupère en toi le moi que je méprise et que tu conserves; et tu fais la même chose en moi. »

« je te possède avant et plus que moi, et me trouve plus proche de toi que de moi, car je ne me rapproche de moi qu’à travers toi. »

Jean De Lacroix né en 1542 est un poète Espagnol et  religieux de l’ordre des Carmélites qui fut canonisé.Il  s’exprime lui aussi sur  l’amour  dans une quête un peu mystique qui le rapprocherait de dieu.C’est dans le poème un peu magique  Nuit obscure qu’il parle du voyage de l’âme  vers l’aimé, voyage qu’il imagine spirituel , probablement  pendant le sommeil( sa maison étant déja en  repos) et aussi charnel.Beaucoup d’hypothèse sur ce texte, est-ce l’amour avec un être spirit ? une personne qui a réellement existé? La prison ou il fut enfermé ne raconte pas cette nuit de l’âme. Dans tous les cas, l’hypothèse qu’il défend est -celle d’un voyage de son âme (l’aimée) vers Dieu (dit l’aimé).

Il a donc aussi cette notion de voyage et de communion amoureuse comme chez Marcile Ficin ( « je ne me rapproche de moi qu’à travers toi. ») et  un siècle plus tard.De l’âme amoureuse  jean De la Croix écrit :

O nuit  qui joignis

L’aimé avec l’aimée

L’aimée en l’aimé transformé

On le voit ici l’amour , s’il est un voyage, n’est pas une mort mais une transformation.Ainsi, la différence ente l’amour de l’être et l’amour de Dieu se dessine. Il y a bien voyage dans les deux cas mais si pour l’amour humain il y a d’abord mort, pour l’amour de Dieu,  la foi illuminé probablement,le poète   n’évoque pas la mort mais la transformation.Néanmoins cette transformation est aussi présenté  par Marcile Ficin. La  différence se ferait donc peut-etre   entre un  monde antique qui pose la mort comme premier effet de l’amour  et le monde moderne de la renaissance ou l’amour ne meurt mais  est transformé.

Essai d’un poème représentant la théorie de Marcel Ficin et sorte de réponse au ligne de la nuit obscure sur la transformation de l’aimée en l’aimé.

Imagine  De  amore

 

 

La nuit ou tu t’endors

La nuit où tu te lèves

Le passager du corps

Avive   la lumière

 

Amant qui aime encore

D’Orphée  ou de Sapho

 

Des temples de nature

Nature tu  entendras

Levant  un jour ce rêve que tu ne connais point

Proche de l’amour   est  si tendre prochain

 

(article et poème de François Térrog)