Poème: Le miroir opérant

Sous la lune opérante

Je suis le chemin, vais

De reflets qui nous tentent

Dans l’eau coule l’imparfait

 

Miroir racontes-tu l’après?

Au vol de la psyché

Les yeux qui s’ouvrent sans regrets

Canaux de pleurs salés

 

Faut-il fuir le temps

Du sang trop marqué ?

Comme l’adolescent qui entend palpiter

L’être en un cours moment

 

Que faut-il épouser?

Pour qui faut-il survivre?

Ou bien rire de vivre?

 

Beau poète du rideau

Voile se lève en manteau

Et chair a chaud

Pour avoir froid

Glace des frissons

Ou tonne le temps

Qui regarde?

Qui regarde l’instant?

Est-ce bien un fleuve?

 

Du palais des souvenirs

Au palais du futur

Pensent les blessures

 

Lecture Lecture-Le miroir opérant-Clip audio 265

Une version chantée guitare/Voix un peu trop aigu probablement mais le rythme du poème  le demande Le miroir operant-Clip audio 259

La bague symbolique Pierre Louys-Interprétaion guitare/Voix

Ce magnifique poème de Pierre Louys est extrait des chansons de Bilitis, cette .contemporaine imaginée de Sapho.Ici ,c’est l’esprit de nature, peut-etre  les dires des paysans de la grèce antique du sud de la turquie qui  sont racontés sous forme de petites histoires.Une interprétation avec les moyens du bord qui essaye de ce rapprocher de cet état de nature.

 

La Bague symbolique

Pierre Louys-la bague symbolique-Clip audio 255
Les voyageurs qui reviennent de Sardes parlent des colliers et des pierres qui chargent les femmes de Lydie, du sommet de leurs cheveux jusqu’à leurs pieds fardés.

Les filles de mon pays n’ont ni bracelets ni diadèmes, mais leur doigt porte une bague d’argent, et sur le chaton est gravé le triangle de la déesse.

Quand elles tournent la pointe en dehors cela veut dire : Psyché à prendre. Quand elles tournent la pointe en dedans, cela veut dire : Psyché prise.

Les hommes y croient. Les femmes non. Pour moi je ne regarde guère de quel côté la pointe se tourne, car Psyché se délivre aisément. Psyché est toujours à prendre.

La vision Alfred De Musset Interprétation guitare/Voix

Un très beau poème d’Alfred De Musset classé dans ses poèmes posthumes, la vision.Si le poète est parfois éclairé par des sortes d’images, cette vision de Musset est une véritable histoire et on a  l’impression d’assister a sa mort vécue, son esprit se baladant dans cette pièce  avec notamment cette description du  rideau vieux spectre en sentinelle.Une interprétation guitare voix un peu brouillonne mais n’ayant pas le matériel adéquat pour mieux faire, je dépose cette version ainsi, le poème étant comme ces ombres qui passent  autour de nous.

Alfred De Musset-Clip audio 254

La vision

Je vis d’abord sur moi des fantômes étranges
Traîner de longs habits ;
Je ne sais si c’étaient des femmes ou des anges !
Leurs manteaux m’inondaient avec leurs belles franges
De nacre et de rubis.

Comme on brise une armure au tranchant d’une lame,
Comme un hardi marin
Brise le golfe bleu qui se fend sous sa rame,
Ainsi leurs robes d’or, en grands sillons de flamme,
Brisaient la nuit d’airain !

Ils volaient ! – Mon rideau, vieux spectre en sentinelle,
Les regardait passer.
Dans leurs yeux de velours éclatait leur prunelle ;
J’entendais chuchoter les plumes de leur aile,
Qui venaient me froisser.

Ils volaient ! – Mais la troupe, aux lambris suspendue,
Esprits capricieux,
Bondissait tout à coup, puis, tout à coup perdue,
S’enfuyait dans la nuit, comme une flèche ardue
Qui s’enfuit dans les cieux !

Ils volaient ! – Je voyais leur noire chevelure,
Où l’ébène en ruisseaux
Pleurait, me caresser de sa longue frôlure ;
Pendant que d’un baiser je sentais la brûlure
Jusqu’au fond de mes os.

Dieu tout-puissant ! j’ai vu les sylphides craintives
Qui meurent au soleil !
J’ai vu les beaux pieds nus des nymphes fugitives !
J’ai vu les seins ardents des dryades rétives,
Aux cuisses de vermeil !

Rien, non, rien ne valait ce baiser d’ambroisie,
Plus frais que le matin !
Plus pur que le regard d’un oeil d’Andalousie !
Plus doux que le parler d’une femme d’Asie,
Aux lèvres de satin !

Oh ! qui que vous soyez, sur ma tête abaissées,
Ombres aux corps flottants !
Laissez, oh ! laissez-moi vous tenir enlacées,
Boire dans vos baisers des amours insensées,
Goutte à goutte et longtemps !

Oh ! venez ! nous mettrons dans l’alcôve soyeuse
Une lampe d’argent.
Venez ! la nuit est triste et la lampe joyeuse !
Blonde ou noire, venez ; nonchalante ou rieuse,
Coeur naïf ou changeant !

Venez ! nous verserons des roses dans ma couche ;
Car les parfums sont doux !
Et la sultane, au soir, se parfume la bouche ;
Lorsqu’elle va quitter sa robe et sa babouche
Pour son lit de bambous !

Hélas ! de belles nuits le ciel nous est avare
Autant que de beaux jours !
Entendez-vous gémir la harpe de Ferrare,
Et sous des doigts divins palpiter la guitare ?
Venez, ô mes amours !

Mais rien ne reste plus que l’ombre froide et nue,
Où craquent les cloisons.
J’entends des chants hurler, comme un enfant qu’on tue ;
Et la lune en croissant découpe, dans la rue,
Les angles des maisons.

 

 

Atelier d écriture thème numéro7- Faire une description- La boutique ésotérique

Il était presque 18 heures et Jean-Charles consultait tranquillement internet. Il avait pour projet de descendre dans le 5 ème arrondissement de Paris près de la place Saint-Michel et de se diriger   vers une boutique de livres ésotériques qui l’intriguait fortement.

La porte fermée à clé, l’écharpe nouée, il s’enfonça rapidement dans les galeries du métro. Que de personnes circulaient dans ces couloirs, remplis de carreaux blanchâtres. A les observer de près, ces petite dalles, probablement en céramique, donnaient l’impression au voyageur de marcher dans une sorte de grande laverie. Un lieu, au linge virginal résistant à l’air poisseux ambiant et aux marques du temps.

Jean-Charles sortit du métro prestement. Des joueurs de guitare reprenaient une chanson de Bob Marley ce qui enchantait quelques touristes.

Quand il fut dans la rue, il faisait presque nuit. Il chercha de loin l’enseigne de la boutique de livre. Puis après avoir franchi une sorte de rond-point et tout près du coin d’un quai, à l’angle d’une rue se dressa soudainement la boutique ésotérique.

Jean-Charles ouvrit la porte, son regard parcourut la pièce. C’était une de ces vieilles pièces de maison d’autrefois au plafond haut et large dans un style qu’il estima du  18ème siècle. Des livres étaient rangés dans une sorte de bibliothèque mais Jean-Charles fut un peu déçu. Alors qu’il s’attendait à trouver de vieux livres du 19 éme, 18 ème voir antérieur sur la chose ésotérique, il y avait  la surtout des œuvres récentes du 20 ème siècle sur la quête spirituelle. Près d’un personnage barbu, dans un coin, des ouvrages étaient présentés psaumes de prières, des gnoses, mais il n’y prêta attention. Jean-Charles franchit un petit couloir et se déplaça au fond de la pièce mais de même il s’agissait surtout de livres modernes. Il allait ressortir du lieu, un peu dépité quand il sentit comme une sorte de flot de chaleur remplir la pièce. Jean-Charles sourit, les livres ne l’avaient pas enchanté mais il se dégageait de cet endroit, un charme étrange. Autrefois, y avait-il eu ici des alchimistes?

Jean-Charles rentra chez lui le cœur un peu plus léger. Il n’avait rien acheté place Saint-Michel, il restait un autre magasin présentant notamment toutes sortes de livres d’art mais il y retournerait un autre week-end.

La nuit tomba sur la ville, nuit opaque et dure, sombre, comme sans étoile.

Jean Charles s’endormit et le rêve s’invita aux portes de son âme.

Il se voyait entrer dans une grande demeure partout autour de lui de vieux livres en cuirs, certains sur vélin bouffant, de couleurs noires, rouges, bleuâtres avec  parfois quelques dorures. Une odeur de papier emplissait la pièce, une odeur agréable.

Il put lire les titres de quelques ouvrages. Il y avait notamment un grand livre de Gérard De Nerval. Il s’agissait peut-être des filles du feu et des chimères. A coté, l’imposant Aphrodite de Pierre Louÿs lui faisait les yeux doux avec sa couverture d’un mélange bleu, colorée comme une toile de peinture abstraite. Et d’autres livres, plus fantastiques encore, des livres  parcourues de magie, de crépitement anciens. Soudain, le maître des lieux arriva, il lui fit un sourire.

– Vous cherchez donc un livre ésotérique Monsieur dit l’étrange personnage

Jean-Charles le regardait

-Oui  prononça t-il, j’aimerai en détenir un

-Vous devriez savoir qu’en matière de livre, c’est surtout le fait de l’âme qui crée le merveilleux s’exclama son hôte

L’homme lui glissa un exemplaire d’un vieux livre de Racine sous le bras et puis le fit sortir.

Fin du rêve…………….

Jean-Charles sursauta et s’éveilla d’un coup allumant sa vieille lampe. Autour de lui pas de livre mais une odeur de papier qu’il estima brulante. Il regarda sa main, se leva promptement puis se mit à écrire