Interprétation musicale Victor Hugo-le Sylphe

Après la Dryade de Vigny, le Sylphe de Victor Hugo à lire avec délice les soirées d’hiver, poème extrait du magnifique Odes et Ballades écrit un peu avant les poèmes Antiques et Modernes, le Sylphe, interprété pour ses 6 première strophes. Le Sylphe ou l’enfant des airs.

Victor Hugo-Le Sylphe-Clip audio 232

 Toi qu’en ces murs, pareille aux rêveuses sylphides,
Ce vitrage éclairé montre à mes yeux avides,
Jeune fille, ouvre-moi ! Voici la nuit, j’ai peur,
La nuit, qui, peuplant l’air de figures livides,
Donne aux âmes des morts des robes de vapeur !

« Vierge, je ne suis point de ces pèlerins sages
Qui font de longs récits après de longs voyages ;
Ni de ces paladins qu’aime et craint la beauté,
Dont le cor, éveillant les varlets et les pages,
Porte un appel de guerre à l’hospitalité.

« Je n’ai ni lourd bâton, ni lance redoutée,
Point de longs cheveux noirs, point de barbe argentée,
Ni d’humble chapelet, ni de glaive vainqueur.
Mon souffle, dont une herbe est à peine agitée,
N’arrache au cor des preux qu’un murmure moqueur.

« Je suis l’enfant de l’air, un sylphe, moins qu’un rêve,
Fils du printemps qui naît, du matin qui se lève,

L’hôte du clair foyer durant les nuits d’hiver,
L’esprit que la lumière à la rosée enlève,
Diaphane habitant de l’invisible éther.

« Ce soir un couple heureux, d’une voix solennelle,
Parlait tout bas d’amour et de flamme éternelle.
J’entendais tout ; près d’eux je m’étais arrêté ;
Ils ont dans un baiser pris le bout de mon aile,
Et la nuit est venue avant ma liberté.

« Hélas ! il est trop tard pour rentrer dans ma rose !
Châtelaine, ouvre-moi, car ma demeure est close.
Recueille un fils du jour, égaré dans la nuit ;
Permets, jusqu’à demain, qu’en ton lit je repose ;
Je tiendrai peu de place et ferai peu de bruit.

(Le vent, le froid et l’orage
Contre l’enfant faisaient rage.
— Ouvrez, dit-il, je suis nu !)

La Fontaine.
Imitation d’Anacréon.

 

 

L ‘enfant sortant du portique

Quand l’enfant sort du portique, les déesses aux pleurs millénaires sourient quelques instants.C’est que peut-être   celui là va grandir et croître pour  devenir homme. L’enfant pariant probablement en rêve avec les anges qu’il voit alors pour une des dernières fois que demain il sera l’adulte.Mais certains enfants ne sortent jamais du portique, des colonnes de pierres à la galerie trop profonde, ils sont comme dans un palais oublié, angelots  aux sourires musicales couvrant les tristes pleurs de celui partit trop tôt. Que de souffles entre ciel et terre, ainsi du hors dimensionnel  et de la dimension, certains passent le portique pour une vie fut-elle belle, sauvage, triste,souffrante,prisonnière,  d’autres n’en reviennent pas et les jours de matins calmes une prière fait sans doute écho  à ce fait du temps de l’enfant à l’homme l’union  des disparus.