Atelier d’écriture numéro 6: Créer un récit autour de l’orage-Orage à Pont-Aven

La vieille Renault de Maria gravissait difficilement la route en  lacets l’amenant à la sortie d’une bourgade bretonne appelée Pont-Aven. Soudain, alors quelle était encore plongée dans sa rêverie des pierres et de la jolie rivière de L’Aven,l’orage éclata. Un orage plus que dantesque. Des trombes d’eaux s’abattirent  sur le véhicule, le vent tourbillonnait. On entendait comme un bourdonnement, la voiture n’avançait plus qu’à très faible  allure.Et alors que la route semblait comme s’allonger, grimper,à n’en plus finir,le ciel devenait noir azur,Aura comme tu pouvais faire peur,dans un éclair, Maria vit en haut d’une côte sur le bord de la route, un jeune homme aux yeux qu’elle perçut comme vert argenté.Il avait le pouce levé, semblait faire un geste comme pour lui dire de s’approcher.

D’un coup, la voiture s’arrêta, capotant pour finalement voir le moteur se couper.Le véhicule se dirigeant de lui-même à gauche dans un renfoncement qu’elle n’avait pas jusqu’alors aperçu. De grosses gouttes de pluies tombaient sur l’asphalte.L’orage se déchainait.La poignée de  la porte avant-droite de la voiture s’ouvrit soudain.Le vent s’engouffra.

Maria frémit , une main s’agrippa au fauteuil de cuir de la voiture.C’était le jeune homme et d’un bond il fut assis à coté d’elle, le battant de la porte maintenant fermé.

-Bonjour mademoiselle dit-il d’une voix lointaine. Vous sortez donc de   Pont-Aven ?

Maria surprise mais comme invité lui répondit:

-Oui Monsieur, j’étais passée voir ma mère, je rentre des ce jour à Paris.

Le garçon sourit à demi et sa voix un écho laissant échapper ces mots:

-Mademoiselle, vous ne le savez sans doute pas mais personne ne quitte Pont-Aven.

En tout cas pas ce soir.

Maria le regardait. Le garçon reprit:

-Moi aussi, j’ai voulu partir dit-il. Je le veux toujours d’ailleurs.Mais du fleuve aux effluves impies, je n’ai jamais franchi les eaux.

Maria ne comprenait pas et comme emporté par cette communion qui joint deux esprits parfois dans le dialogue de l’âme, elle se mit à rire. Il rit lui aussi.

Sa voix coupant ces rires:

-Bon Mademoiselle, je vous considère charmante et l’orage s’éloigne de nous.Je vais finalement continuer à pied et couper à travers les bois. Bon voyage et que dieu vous garde.

Maria ne put rien dire déjà l’homme partait.

Sa voiture se ralluma, le moteur vrombit.L’orage était bien loin. Maria reprit sa route dépassant Pont-Aven, l’esprit plein de courage.

A l’arrivée à Lorient ou elle devait prendre le train avec sa cousine âgée, elle lui raconta la rencontre avec l’étranger.

Sa cousine la rouspéta en hochant de la tête.

-Tu as bien de la chance Maria, tu sais que l’on raconte que certains soirs là-bas en Bourgade D’Aven, des jeunes gens ont disparu  et qu’ils hantent parfois les nuits.

On a déjà d’ailleurs retrouvé , une voiture sans occupant sur la route.

Maria frissonna

– Oui, comme tu as raison ma cousine, ce jeune homme était pourtant fort courtois.

Sa cousine lui donna finalement ce conseil

-Maria,  il est dit aussi que des soirs dans l’an passe le diable en Bretagne et qu’il faut alors de là parfois éviter L’Aven, rivière lisant dans ton cœur.Ne joue donc dans ses eaux, aux heures un peu tardives.

Maria,comme rassurée, prit le train de 20 heures sous la nuit étoilée la brume déjà partit.